Mykhaïlo Kotsiubyns’kyi (1864-1913)



Mykhaïlo Kotsiubyns’kyi est un écrivain de soleil. Et ce n’est pas seulement parce qu’il «portait le  soleil dans son âme», comme il le disait souvent... Malgré le caractère dramatique et tragique, sa prose est un espace lucide, ouvert pour l’âme et pour l’esprit.
Oleksiy Lohvynenko

Mykhaïlo Kotsiubyns’kyi est né le 17 septembre 1864, dans la ville de Vinnytsia, dans la famille d’un petit fonctionnaire et d’une femme issue de la famille aristocratique, grâce à laquelle il a obtenu son éducation esthétique. Après deux ans des études scolaires, à l’âge de 11 ans, il est obligé de quitter la maison paternelle pour poursuivre ses études à l’école religieuse de Charhorod (1876 – 1880). Son but ultérieur est d’obtenir la formation à l’université de Kamianets-Podils’yi, mais ce rêve n’a pas trouvé la réalisation : sa mère est devenue aveugle et peu de temps après son père est mort. Mykhaïlo est désormais responsable de sa famille, il doit assurer son existence matérielle : il donne des leçons particulières, n’oubliant jamais son auto-apprentissage. A cette période, il s’imprègne des socialistes, ce qui a provoqué des poursuites nombreuses de la police. Ses débuts littéraires (d’ailleurs ratés) avec la nouvelle Andriy Soloviyko sont datés de 1884. Il y montre ses opinions influencées par le désir du renouveau national ukrainien.
Au milieu des années 1890, Mykhaïlo Kotsiubyns’kyi décide de se consacrer entièrement à l’activité littéraire. Lors de son voyage en Galicie (l’Ouest de l’Ukraine), il se lie d’amitié avec les représentants du mouvement de narodovtsi (ce mouvement qui reflète l’idéologie de la bourgeoisie ukrainienne de l’Ouest). Il collabore avec leurs revues « Dzvinok » et « Zorya », où on publie ses récits et ses poèmes pour les enfants.
De 1892 à 1897, Mykhaïlo Kotsiubyns’kyi fait partie d’une commission qui étudie l’épidémie de phylloxéra qui touche la Bessarabie et la Crimée. Là, en dehors de son activité littéraire, il devient membre de l’organisation clandestine « Fraternité de Tarassivtsi» qui se donne pour objectif l’émancipation nationale et culturelle ukkrainienne. Le programme de cette fraternité est parfaitement exposé dans son conte «Kho» (1894). Pourtant, au bout de quelque temps et à cause d’une maladie, il doit abandonner le travail dans la commission susmentionnée. Il va à Jytomyr, où il exerce le travail journalistique en qualité de chef d’une maison d’édition et agent littéraire du journal «Volynie». Cependant, ce travail ne lui donne pas de satisfaction morale, il donne sa démission et  déménage à Tchernihiv qui, en fait, deviendra son domicile permanent. Là, il travaille comme employé d’un bureau local des statistiques.
Ce travail nuit à sa santé, déjà fragile. Il voyage en Europe, pour renouveler ses forces. Au cours d’un de ses voyages à Capri, il fait la connaissance avec Maxime Gorkiy, qui devient son ami et conseilleur. Il visite aussi la Grèce et les Carpates. En 1911, la Société des Amis du Savoir, de la littérature et de l'art ukrainien lui accorde une pension qui lui permet de cesser de travailler pour se consacrer uniquement à l'écriture. Mais sa santé se détériore, et il meurt deux ans plus tard, à l’âge de 48 ans.
On peut diviser l’oeuvres de Mykhaïlo Kotsiubyns’kyi en deux périodes : la première, celle qui englobe les nouvelles et les récits des années de 1890, écrits dans le style réaliste, sous l’influence de l’esprit populaire. On attribue généralement à cette période les oeuvres : Na virou, Pyatyzolotnyk, Tsipovyaz, Pekopt’or et d’autres. Le paysan, sa vie quotidienne, les aspects psychologique et culturel de sa vie, d’une part, et les tâches des intellectuels nationaux, de l’autre, sont des thèmes principaux de la première période de son activité littéraire. Cependant, son écriture peu à peu se perfectionne artistiquement, devient plus colorée, riche et mélodieuse. L’écrivain peint d’une manière impressionniste le lien presque charnel de la  vie de l’homme avec la nature, ainsi que les émotions les plus profondes de ses personnages. Ainsi, après la parution du récit Lyaletchka (1901), Kotsiubyns’kyi est considéré comme maître de l’analyse psychologique dans la littérature ukrainienne. La question de l’attitude de l’écrivain envers la réalité est abordée dans les nouvelles Tsvit yablouni (1902), Intermezzo (1908), Son (1911). Dans les années suivant la révolution de 1905, il critique déjà ouvertement le régime tsariste : notamment dans les nouvelles Vin ide (1906), Smikh (1906) et Persona grata (1907).
Dans son œuvre magistrale  Fata morgana, Kotsiubyns’kyi parvient à décrire les tendances essentielles dans l’évolution de la psychologie sociale du village ukrainien qui se reflètent le plus vivement pendant la révolution. Paru en deux parties (en 1904 et en 1910), ce récit est devenu un véritable chef-d'œuvre de la littérature ukrainienne. Il a été traduit en anglais par A. Bernhard, en 1976, et en français par F. Mariengof, en 1978, le fait qui prouve une fois de plus sa valeur artistique.

Les chevaux de feu
L’oeuvre de Mykhaïlo Kotsiubyns’kyi reste toujours une source inépuisable de l’inspiration pour les hommes de l’art. Beaucoup de cinéastes tournent leurs films d’après ses récits. Ainsi, le film de Sergeï Paradjanov Les chevaux de feu est réalisé en 1964 d’après la nouvelle Les Ombres des ancêtres disparus est devenu déjà classique.

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