Anatole Svydnyts’kyi (1834-1871)


Anatole Svydnyts’kyi est connu dans la littérature ukrainienne avant tout comme prosateur (auteur des essais ethnographiques, des récits et du roman Luborats’ki), mais aussi comme poète. Les œuvres de cet écrivain montrent sa connaissance profonde de la vie, du quotidien et de la psychologie du peuple ukrainien. Cette connaissance concerne principalement les Podoliens, parmi lesquels il a grandi.

Anatole Svydnyts’kyi est né le 13 septembre 1834, dans le village de Man’kivka (région de Vinnytsia), dans la famille d’un prêtre et d’une femme issue de la noblesse ukrainienne. Il passe les premières années de sa vie parmi les enfants de paysans, en s’imprégnant de la culture populaire. Les années d'études au séminaire de Kroutians’k (1843 - 1851) et au séminaire de  Kamianets’-Podils’kyi (1851-1856) sont dures dans la vie du futur écrivain. A. Svydnyts’kyi les décrit comme les « années noires » dans son roman Luborats’ki. En 1857, A. Svydnyts’kyi devient étudiant à l'Université de Kyïv – d’abord, à la faculté de médecine, et, puis, aux facultés d’histoire et de lettres. Là, il se lie d'amitié avec les représentants de la communauté d’étudiants qui combattent pour le droit d’exprimer leur identité nationale et qui effectuent des activités culturelles qui y serviront : celle de la distribution des livres – « Papillons », celle de l'ouverture des écoles ukrainiennes de dimanche (grâce à eux, à Kyïv, on ouvre deux écoles) et celle de la promotion de la chanson folklorique ukrainienne, etc.
Mais A. Svydnyts’kyi n’arrive pas à finir ses études universitaires. A partir de 1860, il se consacre totalement à l'enseignement dans une école au district de Myrhorod. La « période de Myrhorod » est marquée par le travail bénévole actif. C’est l’ouverture de l’école de dimanche et des bibliothèques publiques, l’écriture de l’ouvrage méthodologique Notre prononciation ukrainienne et les besoins de l’orthographone. A Myrhorod, A. Svydnyts’kyi entame son roman Luborats’ki (il y écrit la première partie en entier, et il termine la deuxième partie à Kozelets’). Ici, il s’intéresse beaucoup au folklore ukrainien ce qui le pousse à rédiger les essais ethnographiques.
En 1862, à cause des persécutions dues à ses activités de la « période de Kyïv », A. Svydnyts’kyi est forcé de quitter Myrhorod. Il s'installe à Kozelets’ (dans la région de Tchernihiv), où il occupe le poste d’assistant principal du surveillant de l'accise du district de Kozelets’ko-Osters’k. Les années 1863-1869, c’est l’entracte dans la vie créatrice de l'écrivain qui est causée par l’édition du circulaire Valouev et par ses échecs personnels (le départ de sa femme, les soucis matériels et le besoin de nourrir trois enfants).
En 1869, A. Svydnyts’kyi déménage à Kyïv, où il travaille comme l’assistant du chef des archives centrales. Il y entre en relation avec l’ethnologue et poète Pavlo Tchoubyns’kyi (l’auteur des paroles de l’hymne de l’Ukraine) et le critique littéraire Ivan Roudtchenko (le frère de Panas Myrnyi). A cette époque, il fait paraître ses récits et ses essais dans les journaux « Le Messager d’Odessa » et « Kyïvien ». En fait, ce sont les dernières œuvres de l'écrivain.
Le 18 juillet 1871, il est mort à l’âge de 37 ans suite à une longue maladie (l’alcoolisme) et à l’existence misérable.

La plupart des œuvres d’Anatole Svydnyts’kyi sont publiées immédiatement après sa mort.   A. Svydnyts’kyi débute dans la littérature comme poète. La passion de la poésie lui arrive pendant ses études à l'Université de Kyïv. Cette passion est associée à l'amour pour les chansons folkloriques ukrainiennes. Dans les poèmes Dans le champ la destinée était ... et Prenez, les gars,  en mains, il utilise le rythme et la mesure de la chanson populaire, ce qui leur donne le caractère folklorique. C’est pour cela que ces œuvres sont vite devenues des chansons populaires. Les poèmes d’Anatole Svydnyts’kyi sont souvent très longs. Par exemple, le poème La boulaie dans la vallée se compose de 24 strophes.
Mais la véritable vocation de l'écrivain est la prose. A. Svydnyts’kyi travaille comme prosateur dans les différents genres. Ce sont les récits, les essais, les œuvres folkloriques et ethnographiques (les essais et les articles). Ses contes sont considérés souvent comme des créations populaires. Dans l’héritage littéraire de l’écrivain il y a environ 20 récits, qu'il écrit en russe et en ukrainien. Les thèmes de ses récits proviennent des faits réels que l'auteur puise dès son enfance dans la vie ou les faits qu'il a lus dans les journaux. Dans les récits Patchkovozy, Le coffre de fer, Les voleurs de chevaux, Une année avant le choléra, il apparaît comme chroniqueur de la vie quotidienne de sa contrée natale – la Podolie. Dans les péripéties dramatiques de ses récits, le prosateur touche généralement aux problèmes de la moralité, de l'honneur, de l'intégrité, de l'humanité (Même du pont et dans l'eau, A l'enterrement, Les mendiants, Aller et retour, Une gaffe). Les récits  Deux têtus, Havrous’ et Katroussia, La vie quotidienne du clergé orthodoxe sont liés thématiquement avec son roman Luborats’ki.
Il est également auteur des essais  folkloriques et ethnographiques et des articles scientifiques. Citons, entre autres, Mauvais esprit (1860), Sorcières, magiciennes et vampires ou  Les Caprices et les nouveaux caprices du peuple ukrainien (1860), Pâques chez les Podoliens, etc. Dans ce dernier essai, l’auteur commente en détail les coutumes et les traditions de célébration des Pâques en Podolie.
L’œuvre la plus imposante et la plus connue de Svydnyts’kyi est «la chronique familiale» - le roman Luborats’ki. Il est préparé par l’auteur pour la publication dans la revue «Osnova» en 1862, mais finalement il est publié dans une autre revue – « Zoria », à Lviv. Un volume à part est publié en 1887, à Lviv, et, en 1901, à Kyïv. Dans son roman, l’auteur peint la russification et la polonisation de l'Ukraine. Le problème de la dénationalisation est approfondi par la représentation de la dégradation complète de l'homme (du personnage de Massia Luborats’ka). Dans cette œuvre, Svydnyts’kyi traite également le problème des relations entre les  parents et les enfants, le problème de la formation et de l'éducation d'un homme honnête, le problème de survie dans le pays d’époque, etc. Il y utilise fréquemment les éléments textuels d’origine folklorique.

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